CE QU'ONT FAIT NOS PIEUX PREDECESSEURS

islam religion déquitéOmar ibn Abdoul Aziz : un exemple d’incarnation de justice sociale

La justice sociale est un principe politique et moral qui a pour objectif une égalité des droits et une solidarité collective qui permettent une distribution juste et équitable des richesses, qu'elles soient matérielles ou symboliques, entre les différents membres de la société.

La justice sociale comporte deux principes généraux. La solidarité générale et l'équilibre social. C'est par cette solidarité et cet équilibre que se réalisent les valeurs de la justice sociale, et c'est par eux que s'incarne l'idéal islamique de la justice sociale. Les pas que l'Islam a franchis, dans son expérience historique rayonnante, pour instaurer la meilleure société humaine, ont montré clairement combien il prend soin de ce concept. En effet l’une des figures emblématiques de l’histoire qui a incarné la justice sociale est le calife Omar Ibn Abdoul Aziz. L’étude de son œuvre peut inspirer les autorités qui, aujourd’hui encore peinent pour trouver un système de gouvernance appropriés.

Omar Ibn Abdoul Aziz est né à Médine en 682 et mort à Damas en 720. Il grandit à Médine. Il fut nommé gouverneur avant d’être appelé aux fonctions de calife. Omar, peu intéressé, n'accepte qu'à contrecœur de devenir calife, après avoir vainement tenté de refuser.

Nommé gouverneur de Médine, il forme un conseil avec lequel il administre la province. Son mandat est si remarquable qu'il n'y a pratiquement plus de plaintes envoyées au chef de l’Etat. Sa réputation se répand à travers le pays, si bien que de nombreux réfugiés affluent des quatre coins du monde pour fuir l’injustice, les exactions et les brutalités. Sa justice était tel qu’un jour, il a reçu l’ordre du chef de l’Etat de punir un habitant de Médine parce qu’il avait refusé de donner sa maison pour permettre la réalisation des travaux d’intérêt public. Il alla lui-même à Damas pour demander grâce à cet homme auprès du chef de l’Etat. N’est-ce pas une belle leçon sur les droits de l’homme. Omar, en traversant des centaines de kilomètres pour défendre le droit de cet homme de s’exprimer et donc son droit à la liberté, montre l’importance de l’être humain dans notre civilisation.

Dès le premier jour de son règne en tant que chef d’Etat il commença par changer les gouverneurs injustes et déposséder toute la famille royale des biens qu’elle a acquis injustement .Il rendit ainsi tous les biens à leurs propriétaires. Un jour l’un des anciens gouverneurs (Ibn Al-Mouhaleb) rendit visite à Omar et lui apporta des cadeaux de valeurs inestimables, croyant qu’il gagnerait ainsi le cœur du roi. Mais ce dernier prend tous ces cadeaux, les remets dans la caisse de l’empire et le questionna sur l’origine de cet argent.

Ce calife a toujours voulu combattre la corruption au sein de son empire. Omar Ibn Abdoul Aziz, dès son arrivée au pouvoir, a éradiqué les privilèges des gens autour du pouvoir, en commençant par sa famille. Chaque citoyen de l’empire, qu’il soit prince ou paysan, pauvre ou riche, avait désormais les mêmes droits et les mêmes devoirs. On peut se demander pourquoi aujourd’hui il y a autant de corruption dans nos pays ?

Omar était un vrai démocrate. Les premiers jours de son règne en tant que calife il envoya des lettres aux savants les plus pieux de l’empire, demandant leurs conseils. Il constitua ainsi une assemblée de dix savants qu’il consultait avant chaque action. Rares sont les rois aussi puissants à cette époque et même jusqu’à nos jours qui prenaient compte des avis des savants et de leurs gouvernés.

En effet et dans plusieurs de ses discours Omar affirmait qu’il n’était qu’une simple personne – lui le grand calife- qu’il pouvait se tromper et qu’il n’est pas infaillible. Il rajoutait que c’était du devoir de ses gouvernés de le conseiller et de le guider. C’était la consultation, principe fondateur d’une bonne administration, qui l’animait.

Encore une fois le modèle de gouvernance de ce chef d’Etat était fondé sur une participation juste de tous les « citoyens » au progrès de la société. De nous devrait donc venir le vrai changement à l’aune de l’exemple qui mieux promu la justice entre les hommes à la lumière du référentiel de Dieu.

On peut construire une démocratie à l’image de celle qu’a instaurée Omar Ibn Abdoul Aziz, qui émane de nos principes et valeurs, et c’est l’une des meilleures voies possibles pour qu’elle prospère dans nos pays. Omar, en deux ans et demi de califat, a éradiqué la pauvreté dans le pays qui s’étendait des confins de la Chine au sud de la France en s’appuyant sur une politique efficace de redistribution équitable des ressources. Des parts suffisantes de ressources étaient octroyées aux plus démunis pour leur permettre d’entreprendre et de s’auto suffire. Il instaure ainsi une solidarité agissante à tel point qu’au bout de deux ans, on ne trouvait plus de pauvre dans la cité.

Les actions sociales, du calife étaient multiples. Il ordonna la construction d’autoberges gratuites tout le long des routes. Il ordonna à ses gouverneurs de subvenir aux besoins des pauvres et ceci en donnant à chaque personne un salaire qui lui permettrait de vivre dignement. Il construit des centres de soin et paya pour chaque personne non voyante et chaque deux malade de l’empire une personne qui l’aiderait dans le quotidien. Il ordonna que tous les savants soient gracieusement payés pour qu’ils se consacrent entièrement à leurs recherches. Il donna des aides à tous ceux qui partaient en quête du savoir. Il a voulu une société de savoir, pieuse où les riches et pauvres vivraient en harmonie. Il donnait toujours l’exemple : Omar, qui pouvait dormir dans la soie, se couvrir d’or et manger les délices du monde, a décidé de vivre simplement. Il avait deux vêtements simples et vivait dans une chambre. Une telle justice sociale était possible dans cet empire qui s’étendait sur les quatre continents (Asie, Europe, Afrique, Océanie).

Il fallait juste un Omar, un homme qui pense aux plus démunis, à ces gens qui peuvent tant donner s’ils ont la chance d’être aidées. Et c’est à nous d’agir pour le bien de nos sociétés en prenant son exemple.

Aujourd’hui encore où le taux de chômage dans nos Etats reste toujours très élevé et la pauvreté le quotidien d’une large part de la population, il convient de revisiter l’histoire afin de puiser les meilleures pratiques, toute chose qui permettrait une amélioration substantielle de la gouvernance politique, économique et sociale et l’établissement d’un socle solide de justice sociale. Il ne s’agit plus de réinventer la roue, mais de nous inspirer des expériences réussies du passé pour éclairer le présent, puisse que l’homme sage dit-on, apprend des bonnes pratiques des autres.

 

                                                                                       Le Comité de presse de l’A.E.E.M.B.