Oumarou KANAZOE
Posté le: [21/01/2012]
Oumarou KANAZOE, une vie qui en vaut mille
Catégiorie: Les pratiques cultuelles
Rubrique: Culture Islamique
Auteur: yaaroun
Oumarou KANAZOE, une vie qui en vaut mille
La semaine passée, soit le samedi 18 décembre 2011, le CERFI (Cercle d'Etudes de Recherches pour la Formation Islamique) et l'Association des Elèves et Etudiants Musulmans au Burkina (AEEMB) ont rendu un hommage à Feu El Hadj
Oumarou KANAZOE arraché à l'affection de tous le 19 octobre 2011. Cette cérémonie qui a eu lieu au palais de la jeunesse et de la culture Jean Pierre GUINGANE s'est tenue sous l'égide de la Fédération des Associations Islamiques du Burkina(FAIB). Les communicateurs avaient pour noms Sita TARPAGDO des éditions Le Pays, imam SAKANDE vice-président de la communauté musulmane, les imams Halid ILBOUDO et Tiéogo TIEMTORE de l'AEEMB. Ces communications ponctuées de témoignages se sont égrenées sous les regards du Cheick DOUKOURE, président de l'Association Ihtihad, le président du mouvement sunnite et du CERFI,le Vice-président de l'AEEMB et du fils du Vieux Yacouba KANAZOE ainsi qu'un important public.
Parlant de Kanazoé, c'est la richesse qui est plus mise en exergue mais le côté spirituel de ce jeune élève coranique devenu président de la FAIB est très peu évoqué.
Les communicateurs dont certains ont travaillé une trentaine d'années durant avec le vieux (Sita TARPAGBO) ont mis au grand jour les qualités de l'illustre homme, sage qui avait compris le verset qui stipule que Dieu a crée l'homme pour une vie de lutte. Pour notre part, nous pensons que la personne la mieux indiquée pour parler du vieux est lui-même. Je vous propose une interview réalisée par le journal Observateur Paalga et publié par le Faso.net le 1er octobre 2OO7.
Une petite présentation de vous pour nos lecteurs...
Je m'appelle Oumarou Kanazoé. Je suis né vers 1925 à Kologkom, un village de Yargho, dans la province du Passoré. Je suis entrepreneur en construction de routes et Président directeur fondateur de l'entreprise qui porte mon nom.
On vous connaissait, il y a quelques années, dans le bâtiment. Pourquoi vous avez maintenant jeté votre dévolu sur les routes au détriment des immeubles ?
Pour la petite histoire, en tant que fils unique de ma mère, elle m'a initié très tôt aux travaux ménagers, pour combler un tant soit peu le vide qu'elle ressentait par l'absence de fille à ses côtés.
A 6 ans, j'ai commencé à filer le coton. A 8 ans, j'ai été initié au métier de tisserand, puis aux travaux champêtres. Et à 12 ans j'ai été admis dans une école coranique au Mali ; au même moment, j'ai continué d'évoluer dans le métier de tisserand et j'arrivais à confectionner trois pagnes par jour. Un rendement qui profitait plutôt à mon maître coranique. En retour, je recevais les bénédictions des uns et des autres pour ma ténacité, mon courage et on disait que j'étais un enfant exemplaire.
Après cette expérience, j'ai été successivement, marchand de pagnes, de colas, et je me déplaçais à pieds pour mener ces activités vers le Ghana et la Côte d'Ivoire ; ceci m'a permis d'acheter un vélocipède à 3000 FCFA que j'ai revendu par la suite à 13 000 FCFA pour faire fructifier mes affaires.
C'est ainsi que j'ai été par la suite restaurateur ; pour devenir ensuite une grosse pointure du commerce dans ma région, ce qui a créé des frustrations, suscité de la jalousie car j'avais déjà les notions du marketing ; je traitais bien mes clients, j'assurais parfois leur prise en charge, à savoir le logement et l'alimentation. J'ai acheté mon premier camion de transport de passagers à Ouagadougou, en 1955, et il partait régulièrement vers la Côte d'Ivoire.
Ayant fait de bonnes affaires, puisque le parc automobile a grandi, je suis devenu entrepreneur en construction de bâtiment, tout en abandonnant le commerce général pour donner plus de chance aux autres acteurs de ce domaine d'évoluer. Dans la même logique, j'ai abandonné le bâtiment pour les routes que j'ai de la volonté et du plaisir à exercer puisque j'arrive tant bien que mal à me tirer d'affaires ; en cela je rends gloire à Dieu.
Qu'est-ce que le travail représente pour vous ?
Aucun homme ne peut se libérer sans le travail et, sauf cas de force majeure, chaque personne doit se vêtir, se nourrir, se loger, s'alimenter, se déplacer, se soigner, etc. à la sueur de son front, ce que certains n'ont pas compris ou bafouent à longueur de journée.
Peut-on avoir une idée de votre situation matrimoniale ?
Je suis issu d'une famille aux revenus modestes et polygame. Seul fils de ma mère comme je le disais plus haut, je suis moi aussi polygame (4 femmes) et père de 30 enfants ; j'ai 90 petits-fils.
A combien évaluez-vous votre fortune en 2007 ?
A vrai dire, je ne suis pas à mesure d'avancer un chiffre quelconque. Je ne dispose pas assez de temps pour faire ce travail et il en serait de même pour mes employés qui sont bousculés par les tâches quotidiennes qui les submergent. Mais là n'est pas le problème ; le plus important est que nous puissions mener à bien notre mission.
On dit que El hadj Oumarou Kanazoé n'aime pas les grèves...
Pour votre information, je dirais que les grèves ne sont pas faites pour les particuliers, encore moins pour les entrepreneurs. Ce sont les fonctionnaires qui le désirent qui peuvent aller en grève pour revendiquer leurs droits, pour l'amélioration de leurs conditions de vie, notamment des augmentations de salaires et autres. Par contre, si un particulier se met à grèver, savez-vous qu'il perd énormément ? Les dommages causés sont parfois incalculables et parfois fâcheux. Je puis vous dire que je ne scierai pas la branche sur laquelle je suis assis et cela, je le dis à l'intention de tous.
Une certaine rumeur dit que l'ère révolutionnaire survenue dans la nuit du 4-août 1983 a dérangé Kanazoé ; est-ce vrai ?
C'est absolument faux ! La révolution a demandé à tout un chacun de se mettre au travail, ce que je faisais déjà. Aux premières heures, on m'a invité à bitumer une des routes de la capitale que j'ai eu à réaliser gratuitement (NDLR : rue au secteur 2 qui porte son nom) ; par la suite j'ai décroché d'autres marchés à l'issue des appels d'offres. Je rappelle qu'à l'époque j'ai répondu positivement parce que c'était pour le bien-être de la nation ; et je continue d'agir dans ce sens.
D'aucun disent que vous êtes maintenant admis à la retraite...
Pas du tout, une fois de plus, la retraite est faite pour les fonctionnaires. Pourquoi, en tant que particulier, je vais me mettre au repos ? Tant que j'aurai de la force et de l'énergie, je vaquerai toujours à mes occupations. Le départ à la retraite est régi par la loi des salariés. Pendant que je suis toujours utile à mon entreprise, pourquoi je vais me mettre au lit pour hypothéquer mes affaires ? Je pense qu'il n'est pas sage de jeter des grains de sable dans son propre couscous.
Beaucoup de bruits ont couru au sujet de votre réélection à la tête de la Chambre de Commerce du Burkina. Pouvez-vous nous en parler ?
C'est à la suite de la transformation de la Chambre de Commerce et d'Agriculture en Chambre de Commerce, d'Industrie et d'Artisanat en 1962 que j'ai été élu membre consulaire au titre des entreprises, sous la présidence de monsieur André Aubaret. J'ai été associé à tous les travaux de construction des antennes dans les pays voisins pour l'ouverture du pays aux zones portuaires ; et je me suis acquitté honorablement des tâches qui m'ont été confiées. En 1982, j'ai été élu membre du bureau en qualité de vice-président et j'ai développé des initiatives au profit du bureau consulaire, ce qui a permis une redynamisation de la Chambre consulaire. En 1984, j'ai été à nouveau nommé membre du bureau et toujours en qualité de vice-président. En 1995, des voix se sont élevées pour que je sois candidat à la présidence de cette organisation au départ ; cette proposition a rencontré mon opposition, j'ai évoqué le poids de l'âge et mon analphabétisme pour occuper un tel poste. Mais l'on m'a convaincu, j'ai accepté et j'ai été nommé. En 2001, j'ai été élu pour un deuxième mandat et réélu en cette année 2007 pour le troisième mandat. Au-delà de ma modeste personne, c'est une équipe soudée qui s'est engagée à travailler aux côtés des membres du secteur informel. Dans tous les cas, l'espoir est permis.
Qu'est-ce que vous reprochez aux entrepreneurs en général et ceux chargés de construire les routes en particulier ?
Je n'ai pas de reproches à leur faire, mais plutôt des encouragements à leur adresser pour qu'ils continuent à réussir dans leurs occupations. Actuellement, la compétition est rude, mais le travail bien soigné finit par payer ; malheureusement, certains ne l'ont pas compris. Par contre, d'autres, les plus nombreux heureusement uvrent assidûment dans le sens de l'amélioration.
Votre appel à vos compatriotes ?
Il existe une véritable paix pour notre pays, des hommes intègres aussi ; et les membres des différentes confessions religieuses se considèrent réellement comme des frères d'une même famille. Nous menons une vie paisible et je rends hommage aux autorités car j'en suis réconforté. Je profite de cette occasion pour demander qu'Allah continue de nous guider, que les foyers de guerre s'éteignent à jamais, que ceux qui n'ont pas à manger puissent en avoir assez. Que toutes les maladies soient vaincues ! J'invite tout un chacun à persévérer dans la prière. Que le Seigneur exauce nos prières et allège nos souffrances en ce temps de sacrifices ! Amen !
Quand on a vécu de cette façon, on ne plus mourir.
La semaine passée, soit le samedi 18 décembre 2011, le CERFI (Cercle d'Etudes de Recherches pour la Formation Islamique) et l'Association des Elèves et Etudiants Musulmans au Burkina (AEEMB) ont rendu un hommage à Feu El Hadj Oumarou KANAZOE arraché à l'affection de tous le 19 octobre 2011. Cette cérémonie qui a eu lieu au palais de la jeunesse et de la culture Jean Pierre GUINGANE s'est tenue sous l'égide de la Fédération des Associations Islamiques du Burkina(FAIB). Les communicateurs avaient pour noms Sita TARPAGDO des éditions Le Pays, imam SAKANDE vice-président de la communauté musulmane, les imams Halid ILBOUDO et Tiéogo TIEMTORE de l'AEEMB. Ces communications ponctuées de témoignages se sont égrenées sous les regards du Cheick DOUKOURE, président de l'Association Ihtihad, le président du mouvement sunnite et du CERFI,le Vice-président de l'AEEMB et du fils du Vieux Yacouba KANAZOE ainsi qu'un important public.
Parlant de Kanazoé, c'est la richesse qui est plus mise en exergue mais le côté spirituel de ce jeune élève coranique devenu président de la FAIB est très peu évoqué.
Les communicateurs dont certains ont travaillé une trentaine d'années durant avec le vieux (Sita TARPAGBO) ont mis au grand jour les qualités de l'illustre homme, sage qui avait compris le verset qui stipule que Dieu a crée l'homme pour une vie de lutte. Pour notre part, nous pensons que la personne la mieux indiquée pour parler du vieux est lui-même. Je vous propose une interview réalisée par le journal Observateur Paalga et publié par le Faso.net le 1er octobre 2OO7.
Une petite présentation de vous pour nos lecteurs...
Je m'appelle Oumarou Kanazoé. Je suis né vers 1925 à Kologkom, un village de Yargho, dans la province du Passoré. Je suis entrepreneur en construction de routes et Président directeur fondateur de l'entreprise qui porte mon nom.
On vous connaissait, il y a quelques années, dans le bâtiment. Pourquoi vous avez maintenant jeté votre dévolu sur les routes au détriment des immeubles ?
Pour la petite histoire, en tant que fils unique de ma mère, elle m'a initié très tôt aux travaux ménagers, pour combler un tant soit peu le vide qu'elle ressentait par l'absence de fille à ses côtés.
A 6 ans, j'ai commencé à filer le coton. A 8 ans, j'ai été initié au métier de tisserand, puis aux travaux champêtres. Et à 12 ans j'ai été admis dans une école coranique au Mali ; au même moment, j'ai continué d'évoluer dans le métier de tisserand et j'arrivais à confectionner trois pagnes par jour. Un rendement qui profitait plutôt à mon maître coranique. En retour, je recevais les bénédictions des uns et des autres pour ma ténacité, mon courage et on disait que j'étais un enfant exemplaire.
Après cette expérience, j'ai été successivement, marchand de pagnes, de colas, et je me déplaçais à pieds pour mener ces activités vers le Ghana et la Côte d'Ivoire ; ceci m'a permis d'acheter un vélocipède à 3000 FCFA que j'ai revendu par la suite à 13 000 FCFA pour faire fructifier mes affaires.
C'est ainsi que j'ai été par la suite restaurateur ; pour devenir ensuite une grosse pointure du commerce dans ma région, ce qui a créé des frustrations, suscité de la jalousie car j'avais déjà les notions du marketing ; je traitais bien mes clients, j'assurais parfois leur prise en charge, à savoir le logement et l'alimentation. J'ai acheté mon premier camion de transport de passagers à Ouagadougou, en 1955, et il partait régulièrement vers la Côte d'Ivoire.
Ayant fait de bonnes affaires, puisque le parc automobile a grandi, je suis devenu entrepreneur en construction de bâtiment, tout en abandonnant le commerce général pour donner plus de chance aux autres acteurs de ce domaine d'évoluer. Dans la même logique, j'ai abandonné le bâtiment pour les routes que j'ai de la volonté et du plaisir à exercer puisque j'arrive tant bien que mal à me tirer d'affaires ; en cela je rends gloire à Dieu.
Qu'est-ce que le travail représente pour vous ?
Aucun homme ne peut se libérer sans le travail et, sauf cas de force majeure, chaque personne doit se vêtir, se nourrir, se loger, s'alimenter, se déplacer, se soigner, etc. à la sueur de son front, ce que certains n'ont pas compris ou bafouent à longueur de journée.
Peut-on avoir une idée de votre situation matrimoniale ?
Je suis issu d'une famille aux revenus modestes et polygame. Seul fils de ma mère comme je le disais plus haut, je suis moi aussi polygame (4 femmes) et père de 30 enfants ; j'ai 90 petits-fils.
A combien évaluez-vous votre fortune en 2007 ?
A vrai dire, je ne suis pas à mesure d'avancer un chiffre quelconque. Je ne dispose pas assez de temps pour faire ce travail et il en serait de même pour mes employés qui sont bousculés par les tâches quotidiennes qui les submergent. Mais là n'est pas le problème ; le plus important est que nous puissions mener à bien notre mission.
On dit que El hadj Oumarou Kanazoé n'aime pas les grèves...
Pour votre information, je dirais que les grèves ne sont pas faites pour les particuliers, encore moins pour les entrepreneurs. Ce sont les fonctionnaires qui le désirent qui peuvent aller en grève pour revendiquer leurs droits, pour l'amélioration de leurs conditions de vie, notamment des augmentations de salaires et autres. Par contre, si un particulier se met à grèver, savez-vous qu'il perd énormément ? Les dommages causés sont parfois incalculables et parfois fâcheux. Je puis vous dire que je ne scierai pas la branche sur laquelle je suis assis et cela, je le dis à l'intention de tous.
Une certaine rumeur dit que l'ère révolutionnaire survenue dans la nuit du 4-août 1983 a dérangé Kanazoé ; est-ce vrai ?
C'est absolument faux ! La révolution a demandé à tout un chacun de se mettre au travail, ce que je faisais déjà. Aux premières heures, on m'a invité à bitumer une des routes de la capitale que j'ai eu à réaliser gratuitement (NDLR : rue au secteur 2 qui porte son nom) ; par la suite j'ai décroché d'autres marchés à l'issue des appels d'offres. Je rappelle qu'à l'époque j'ai répondu positivement parce que c'était pour le bien-être de la nation ; et je continue d'agir dans ce sens.
D'aucun disent que vous êtes maintenant admis à la retraite...
Pas du tout, une fois de plus, la retraite est faite pour les fonctionnaires. Pourquoi, en tant que particulier, je vais me mettre au repos ? Tant que j'aurai de la force et de l'énergie, je vaquerai toujours à mes occupations. Le départ à la retraite est régi par la loi des salariés. Pendant que je suis toujours utile à mon entreprise, pourquoi je vais me mettre au lit pour hypothéquer mes affaires ? Je pense qu'il n'est pas sage de jeter des grains de sable dans son propre couscous.
Beaucoup de bruits ont couru au sujet de votre réélection à la tête de la Chambre de Commerce du Burkina. Pouvez-vous nous en parler ?
C'est à la suite de la transformation de la Chambre de Commerce et d'Agriculture en Chambre de Commerce, d'Industrie et d'Artisanat en 1962 que j'ai été élu membre consulaire au titre des entreprises, sous la présidence de monsieur André Aubaret. J'ai été associé à tous les travaux de construction des antennes dans les pays voisins pour l'ouverture du pays aux zones portuaires ; et je me suis acquitté honorablement des tâches qui m'ont été confiées. En 1982, j'ai été élu membre du bureau en qualité de vice-président et j'ai développé des initiatives au profit du bureau consulaire, ce qui a permis une redynamisation de la Chambre consulaire. En 1984, j'ai été à nouveau nommé membre du bureau et toujours en qualité de vice-président. En 1995, des voix se sont élevées pour que je sois candidat à la présidence de cette organisation au départ ; cette proposition a rencontré mon opposition, j'ai évoqué le poids de l'âge et mon analphabétisme pour occuper un tel poste. Mais l'on m'a convaincu, j'ai accepté et j'ai été nommé. En 2001, j'ai été élu pour un deuxième mandat et réélu en cette année 2007 pour le troisième mandat. Au-delà de ma modeste personne, c'est une équipe soudée qui s'est engagée à travailler aux côtés des membres du secteur informel. Dans tous les cas, l'espoir est permis.
Qu'est-ce que vous reprochez aux entrepreneurs en général et ceux chargés de construire les routes en particulier ?
Je n'ai pas de reproches à leur faire, mais plutôt des encouragements à leur adresser pour qu'ils continuent à réussir dans leurs occupations. Actuellement, la compétition est rude, mais le travail bien soigné finit par payer ; malheureusement, certains ne l'ont pas compris. Par contre, d'autres, les plus nombreux heureusement uvrent assidûment dans le sens de l'amélioration.
Votre appel à vos compatriotes ?
Il existe une véritable paix pour notre pays, des hommes intègres aussi ; et les membres des différentes confessions religieuses se considèrent réellement comme des frères d'une même famille. Nous menons une vie paisible et je rends hommage aux autorités car j'en suis réconforté. Je profite de cette occasion pour demander qu'Allah continue de nous guider, que les foyers de guerre s'éteignent à jamais, que ceux qui n'ont pas à manger puissent en avoir assez. Que toutes les maladies soient vaincues ! J'invite tout un chacun à persévérer dans la prière. Que le Seigneur exauce nos prières et allège nos souffrances en ce temps de sacrifices ! Amen !
Quand on a vécu de cette façon, on ne plus mourir.
Oumarou KANAZOE, une vie
Posté le: [21/01/2012]
Oumarou KANAZOE, une vie qui en vaut mille
Catégiorie: Les pratiques cultuelles
Rubrique: Culture Islamique
Auteur: yaaroun
Parlant de Kanazoé, c'est la richesse qui est plus mise en exergue mais le côté spirituel de ce jeune élève coranique devenu président de la FAIB est très peu évoqué.
Les communicateurs dont certains ont travaillé une trentaine d'années durant avec le vieux (Sita TARPAGBO) ont mis au grand jour les qualités de l'illustre homme, sage qui avait compris le verset qui stipule que Dieu a crée l'homme pour une vie de lutte. Pour notre part, nous pensons que la personne la mieux indiquée pour parler du vieux est lui-même. Je vous propose une interview réalisée par le journal Observateur Paalga et publié par le Faso.net le 1er octobre 2OO7.
Une petite présentation de vous pour nos lecteurs...
Je m'appelle Oumarou Kanazoé. Je suis né vers 1925 à Kologkom, un village de Yargho, dans la province du Passoré. Je suis entrepreneur en construction de routes et Président directeur fondateur de l'entreprise qui porte mon nom.
On vous connaissait, il y a quelques années, dans le bâtiment. Pourquoi vous avez maintenant jeté votre dévolu sur les routes au détriment des immeubles ?
Pour la petite histoire, en tant que fils unique de ma mère, elle m'a initié très tôt aux travaux ménagers, pour combler un tant soit peu le vide qu'elle ressentait par l'absence de fille à ses côtés.
A 6 ans, j'ai commencé à filer le coton. A 8 ans, j'ai été initié au métier de tisserand, puis aux travaux champêtres. Et à 12 ans j'ai été admis dans une école coranique au Mali ; au même moment, j'ai continué d'évoluer dans le métier de tisserand et j'arrivais à confectionner trois pagnes par jour. Un rendement qui profitait plutôt à mon maître coranique. En retour, je recevais les bénédictions des uns et des autres pour ma ténacité, mon courage et on disait que j'étais un enfant exemplaire.
Après cette expérience, j'ai été successivement, marchand de pagnes, de colas, et je me déplaçais à pieds pour mener ces activités vers le Ghana et la Côte d'Ivoire ; ceci m'a permis d'acheter un vélocipède à 3000 FCFA que j'ai revendu par la suite à 13 000 FCFA pour faire fructifier mes affaires.
C'est ainsi que j'ai été par la suite restaurateur ; pour devenir ensuite une grosse pointure du commerce dans ma région, ce qui a créé des frustrations, suscité de la jalousie car j'avais déjà les notions du marketing ; je traitais bien mes clients, j'assurais parfois leur prise en charge, à savoir le logement et l'alimentation. J'ai acheté mon premier camion de transport de passagers à Ouagadougou, en 1955, et il partait régulièrement vers la Côte d'Ivoire.
Ayant fait de bonnes affaires, puisque le parc automobile a grandi, je suis devenu entrepreneur en construction de bâtiment, tout en abandonnant le commerce général pour donner plus de chance aux autres acteurs de ce domaine d'évoluer. Dans la même logique, j'ai abandonné le bâtiment pour les routes que j'ai de la volonté et du plaisir à exercer puisque j'arrive tant bien que mal à me tirer d'affaires ; en cela je rends gloire à Dieu.
Qu'est-ce que le travail représente pour vous ?
Aucun homme ne peut se libérer sans le travail et, sauf cas de force majeure, chaque personne doit se vêtir, se nourrir, se loger, s'alimenter, se déplacer, se soigner, etc. à la sueur de son front, ce que certains n'ont pas compris ou bafouent à longueur de journée.
Peut-on avoir une idée de votre situation matrimoniale ?
Je suis issu d'une famille aux revenus modestes et polygame. Seul fils de ma mère comme je le disais plus haut, je suis moi aussi polygame (4 femmes) et père de 30 enfants ; j'ai 90 petits-fils.
A combien évaluez-vous votre fortune en 2007 ?
A vrai dire, je ne suis pas à mesure d'avancer un chiffre quelconque. Je ne dispose pas assez de temps pour faire ce travail et il en serait de même pour mes employés qui sont bousculés par les tâches quotidiennes qui les submergent. Mais là n'est pas le problème ; le plus important est que nous puissions mener à bien notre mission.
On dit que El hadj Oumarou Kanazoé n'aime pas les grèves...
Pour votre information, je dirais que les grèves ne sont pas faites pour les particuliers, encore moins pour les entrepreneurs. Ce sont les fonctionnaires qui le désirent qui peuvent aller en grève pour revendiquer leurs droits, pour l'amélioration de leurs conditions de vie, notamment des augmentations de salaires et autres. Par contre, si un particulier se met à grèver, savez-vous qu'il perd énormément ? Les dommages causés sont parfois incalculables et parfois fâcheux. Je puis vous dire que je ne scierai pas la branche sur laquelle je suis assis et cela, je le dis à l'intention de tous.
Une certaine rumeur dit que l'ère révolutionnaire survenue dans la nuit du 4-août 1983 a dérangé Kanazoé ; est-ce vrai ?
C'est absolument faux ! La révolution a demandé à tout un chacun de se mettre au travail, ce que je faisais déjà. Aux premières heures, on m'a invité à bitumer une des routes de la capitale que j'ai eu à réaliser gratuitement (NDLR : rue au secteur 2 qui porte son nom) ; par la suite j'ai décroché d'autres marchés à l'issue des appels d'offres. Je rappelle qu'à l'époque j'ai répondu positivement parce que c'était pour le bien-être de la nation ; et je continue d'agir dans ce sens.
D'aucun disent que vous êtes maintenant admis à la retraite...
Pas du tout, une fois de plus, la retraite est faite pour les fonctionnaires. Pourquoi, en tant que particulier, je vais me mettre au repos ? Tant que j'aurai de la force et de l'énergie, je vaquerai toujours à mes occupations. Le départ à la retraite est régi par la loi des salariés. Pendant que je suis toujours utile à mon entreprise, pourquoi je vais me mettre au lit pour hypothéquer mes affaires ? Je pense qu'il n'est pas sage de jeter des grains de sable dans son propre couscous.
Beaucoup de bruits ont couru au sujet de votre réélection à la tête de la Chambre de Commerce du Burkina. Pouvez-vous nous en parler ?
C'est à la suite de la transformation de la Chambre de Commerce et d'Agriculture en Chambre de Commerce, d'Industrie et d'Artisanat en 1962 que j'ai été élu membre consulaire au titre des entreprises, sous la présidence de monsieur André Aubaret. J'ai été associé à tous les travaux de construction des antennes dans les pays voisins pour l'ouverture du pays aux zones portuaires ; et je me suis acquitté honorablement des tâches qui m'ont été confiées. En 1982, j'ai été élu membre du bureau en qualité de vice-président et j'ai développé des initiatives au profit du bureau consulaire, ce qui a permis une redynamisation de la Chambre consulaire. En 1984, j'ai été à nouveau nommé membre du bureau et toujours en qualité de vice-président. En 1995, des voix se sont élevées pour que je sois candidat à la présidence de cette organisation au départ ; cette proposition a rencontré mon opposition, j'ai évoqué le poids de l'âge et mon analphabétisme pour occuper un tel poste. Mais l'on m'a convaincu, j'ai accepté et j'ai été nommé. En 2001, j'ai été élu pour un deuxième mandat et réélu en cette année 2007 pour le troisième mandat. Au-delà de ma modeste personne, c'est une équipe soudée qui s'est engagée à travailler aux côtés des membres du secteur informel. Dans tous les cas, l'espoir est permis.
Qu'est-ce que vous reprochez aux entrepreneurs en général et ceux chargés de construire les routes en particulier ?
Je n'ai pas de reproches à leur faire, mais plutôt des encouragements à leur adresser pour qu'ils continuent à réussir dans leurs occupations. Actuellement, la compétition est rude, mais le travail bien soigné finit par payer ; malheureusement, certains ne l'ont pas compris. Par contre, d'autres, les plus nombreux heureusement uvrent assidûment dans le sens de l'amélioration.
Votre appel à vos compatriotes ?
Il existe une véritable paix pour notre pays, des hommes intègres aussi ; et les membres des différentes confessions religieuses se considèrent réellement comme des frères d'une même famille. Nous menons une vie paisible et je rends hommage aux autorités car j'en suis réconforté. Je profite de cette occasion pour demander qu'Allah continue de nous guider, que les foyers de guerre s'éteignent à jamais, que ceux qui n'ont pas à manger puissent en avoir assez. Que toutes les maladies soient vaincues ! J'invite tout un chacun à persévérer dans la prière. Que le Seigneur exauce nos prières et allège nos souffrances en ce temps de sacrifices ! Amen !
Quand on a vécu de cette façon, on ne plus mourir.
Oumarou KANAZOE, une vie qui en vaut mille
Posté le: [26/12/2011]
Oumarou KANAZOE, une vie qui en vaut mille
Catégiorie: Les pratiques cultuelles
Rubrique: Culture Islamique
Auteur: yaaroun
Titre : Oumarou KANAZOE, une vie qui en vaut mille
La semaine passée, soit le samedi 18 décembre 2011, le CERFI (Cercle d'Etudes de Recherches pour la Formation Islamique) et l'Association des Elèves et Etudiants Musulmans au Burkina (AEEMB) ont rendu un hommage à Feu El Hadj Oumarou KANAZOE arraché à l'affection de tous le 19 octobre 2011. Cette cérémonie qui a eu lieu au palais de la jeunesse et de la culture Jean Pierre GUINGANE s'est tenue sous l'égide de la Fédération des Associations Islamiques du Burkina(FAIB). Les communicateurs avaient pour noms Sita TARPAGDO des éditions Le Pays, imam SAKANDE vice-président de la communauté musulmane, les imams Halid ILBOUDO et Tiéogo TIEMTORE de l'AEEMB. Ces communications ponctuées de témoignages se sont égrenées sous les regards du Cheick DOUKOURE, président de l'Association Ihtihad, le président du mouvement sunnite et du CERFI,le Vice-président de l'AEEMB et du fils du Vieux Yacouba KANAZOE ainsi qu'un important public.
Parlant de Kanazoé, c'est la richesse qui est plus mise en exergue mais le côté spirituel de ce jeune élève coranique devenu président de la FAIB est très peu évoqué.
Les communicateurs dont certains ont travaillé une trentaine d'années durant avec le vieux (Sita TARPAGBO) ont mis au grand jour les qualités de l'illustre homme, sage qui avait compris le verset qui stipule que Dieu a crée l'homme pour une vie de lutte. Pour notre part, nous pensons que la personne la mieux indiquée pour parler du vieux est lui-même. Je vous propose une interview réalisée par le journal Observateur Paalga et publié par le Faso.net le 1er octobre 2OO7.
Une petite présentation de vous pour nos lecteurs...
Je m'appelle Oumarou Kanazoé. Je suis né vers 1925 à Kologkom, un village de Yargho, dans la province du Passoré. Je suis entrepreneur en construction de routes et Président directeur fondateur de l'entreprise qui porte mon nom.
On vous connaissait, il y a quelques années, dans le bâtiment. Pourquoi vous avez maintenant jeté votre dévolu sur les routes au détriment des immeubles ?
Pour la petite histoire, en tant que fils unique de ma mère, elle m'a initié très tôt aux travaux ménagers, pour combler un tant soit peu le vide qu'elle ressentait par l'absence de fille à ses côtés.
A 6 ans, j'ai commencé à filer le coton. A 8 ans, j'ai été initié au métier de tisserand, puis aux travaux champêtres. Et à 12 ans j'ai été admis dans une école coranique au Mali ; au même moment, j'ai continué d'évoluer dans le métier de tisserand et j'arrivais à confectionner trois pagnes par jour. Un rendement qui profitait plutôt à mon maître coranique. En retour, je recevais les bénédictions des uns et des autres pour ma ténacité, mon courage et on disait que j'étais un enfant exemplaire.
Après cette expérience, j'ai été successivement, marchand de pagnes, de colas, et je me déplaçais à pieds pour mener ces activités vers le Ghana et la Côte d'Ivoire ; ceci m'a permis d'acheter un vélocipède à 3000 FCFA que j'ai revendu par la suite à 13 000 FCFA pour faire fructifier mes affaires.
C'est ainsi que j'ai été par la suite restaurateur ; pour devenir ensuite une grosse pointure du commerce dans ma région, ce qui a créé des frustrations, suscité de la jalousie car j'avais déjà les notions du marketing ; je traitais bien mes clients, j'assurais parfois leur prise en charge, à savoir le logement et l'alimentation. J'ai acheté mon premier camion de transport de passagers à Ouagadougou, en 1955, et il partait régulièrement vers la Côte d'Ivoire.
Ayant fait de bonnes affaires, puisque le parc automobile a grandi, je suis devenu entrepreneur en construction de bâtiment, tout en abandonnant le commerce général pour donner plus de chance aux autres acteurs de ce domaine d'évoluer. Dans la même logique, j'ai abandonné le bâtiment pour les routes que j'ai de la volonté et du plaisir à exercer puisque j'arrive tant bien que mal à me tirer d'affaires ; en cela je rends gloire à Dieu.
Qu'est-ce que le travail représente pour vous ?
Aucun homme ne peut se libérer sans le travail et, sauf cas de force majeure, chaque personne doit se vêtir, se nourrir, se loger, s'alimenter, se déplacer, se soigner, etc. à la sueur de son front, ce que certains n'ont pas compris ou bafouent à longueur de journée.
Peut-on avoir une idée de votre situation matrimoniale ?
Je suis issu d'une famille aux revenus modestes et polygame. Seul fils de ma mère comme je le disais plus haut, je suis moi aussi polygame (4 femmes) et père de 30 enfants ; j'ai 90 petits-fils.
A combien évaluez-vous votre fortune en 2007 ?
A vrai dire, je ne suis pas à mesure d'avancer un chiffre quelconque. Je ne dispose pas assez de temps pour faire ce travail et il en serait de même pour mes employés qui sont bousculés par les tâches quotidiennes qui les submergent. Mais là n'est pas le problème ; le plus important est que nous puissions mener à bien notre mission.
On dit que El hadj Oumarou Kanazoé n'aime pas les grèves...
Pour votre information, je dirais que les grèves ne sont pas faites pour les particuliers, encore moins pour les entrepreneurs. Ce sont les fonctionnaires qui le désirent qui peuvent aller en grève pour revendiquer leurs droits, pour l'amélioration de leurs conditions de vie, notamment des augmentations de salaires et autres. Par contre, si un particulier se met à grèver, savez-vous qu'il perd énormément ? Les dommages causés sont parfois incalculables et parfois fâcheux. Je puis vous dire que je ne scierai pas la branche sur laquelle je suis assis et cela, je le dis à l'intention de tous.
Une certaine rumeur dit que l'ère révolutionnaire survenue dans la nuit du 4-août 1983 a dérangé Kanazoé ; est-ce vrai ?
C'est absolument faux ! La révolution a demandé à tout un chacun de se mettre au travail, ce que je faisais déjà. Aux premières heures, on m'a invité à bitumer une des routes de la capitale que j'ai eu à réaliser gratuitement (NDLR : rue au secteur 2 qui porte son nom) ; par la suite j'ai décroché d'autres marchés à l'issue des appels d'offres. Je rappelle qu'à l'époque j'ai répondu positivement parce que c'était pour le bien-être de la nation ; et je continue d'agir dans ce sens.
D'aucun disent que vous êtes maintenant admis à la retraite...
Pas du tout, une fois de plus, la retraite est faite pour les fonctionnaires. Pourquoi, en tant que particulier, je vais me mettre au repos ? Tant que j'aurai de la force et de l'énergie, je vaquerai toujours à mes occupations. Le départ à la retraite est régi par la loi des salariés. Pendant que je suis toujours utile à mon entreprise, pourquoi je vais me mettre au lit pour hypothéquer mes affaires ? Je pense qu'il n'est pas sage de jeter des grains de sable dans son propre couscous.
Beaucoup de bruits ont couru au sujet de votre réélection à la tête de la Chambre de Commerce du Burkina. Pouvez-vous nous en parler ?
C'est à la suite de la transformation de la Chambre de Commerce et d'Agriculture en Chambre de Commerce, d'Industrie et d'Artisanat en 1962 que j'ai été élu membre consulaire au titre des entreprises, sous la présidence de monsieur André Aubaret. J'ai été associé à tous les travaux de construction des antennes dans les pays voisins pour l'ouverture du pays aux zones portuaires ; et je me suis acquitté honorablement des tâches qui m'ont été confiées. En 1982, j'ai été élu membre du bureau en qualité de vice-président et j'ai développé des initiatives au profit du bureau consulaire, ce qui a permis une redynamisation de la Chambre consulaire. En 1984, j'ai été à nouveau nommé membre du bureau et toujours en qualité de vice-président. En 1995, des voix se sont élevées pour que je sois candidat à la présidence de cette organisation au départ ; cette proposition a rencontré mon opposition, j'ai évoqué le poids de l'âge et mon analphabétisme pour occuper un tel poste. Mais l'on m'a convaincu, j'ai accepté et j'ai été nommé. En 2001, j'ai été élu pour un deuxième mandat et réélu en cette année 2007 pour le troisième mandat. Au-delà de ma modeste personne, c'est une équipe soudée qui s'est engagée à travailler aux côtés des membres du secteur informel. Dans tous les cas, l'espoir est permis.
Qu'est-ce que vous reprochez aux entrepreneurs en général et ceux chargés de construire les routes en particulier ?
Je n'ai pas de reproches à leur faire, mais plutôt des encouragements à leur adresser pour qu'ils continuent à réussir dans leurs occupations. Actuellement, la compétition est rude, mais le travail bien soigné finit par payer ; malheureusement, certains ne l'ont pas compris. Par contre, d'autres, les plus nombreux heureusement uvrent assidûment dans le sens de l'amélioration.
Votre appel à vos compatriotes ?
Il existe une véritable paix pour notre pays, des hommes intègres aussi ; et les membres des différentes confessions religieuses se considèrent réellement comme des frères d'une même famille. Nous menons une vie paisible et je rends hommage aux autorités car j'en suis réconforté. Je profite de cette occasion pour demander qu'Allah continue de nous guider, que les foyers de guerre s'éteignent à jamais, que ceux qui n'ont pas à manger puissent en avoir assez. Que toutes les maladies soient vaincues ! J'invite tout un chacun à persévérer dans la prière. Que le Seigneur exauce nos prières et allège nos souffrances en ce temps de sacrifices ! Amen !
Deux enseignements fondamentaux
Posté le: [20/10/2008]
Deux enseignements fondamentaux
Catégiorie: Les pratiques cultuelles
Rubrique: Culture Islamique
Auteur: ibrahima ouedraogo [ibrafaso]
Deux enseignements fondamentaux
Cheikh Qardhâwî, dans son ouvrage concernant l'extrémisme, rappelle deux éléments importants de la Sagesse divine.
Deux sunan importantes
Souvent, certains musulmans à l'enthousiasme débordant oublient deux sunan : la gradation et le fait que les choses doivent se réaliser au moment opportun.
1er des sunan : la gradation
La gradation signifie une progression contrôlée.
Cela apparaît clairement quand Dieu nous parle de la création des cieux et de la terre. Dieu nous dit qu'Il est Capable de tout créer avec un seul mot : « Sois ! ». Et suite à ce mot, tout l'univers pourrait se mettre à exister et à fonctionner avec perfection. Et pourtant, Dieu a choisi de créer en respectant des périodes de « six jours » le mot jour ici désignant non pas un jour de notre estimation, mais une période connue de Dieu Seul.
La gradation apparaît également dans l'évolution des organismes vivants qui changent à mesure que leur maturité grandit.
Cette même gradation est perceptible dans le domaine de la da'wah : il est d'abord question de la foi qui vient libérer les esprits des chaînes du paganisme et des superstitions. Ce n'est qu'une fois cette foi bien implantée, qu'un travail sur les obligations et sur le fait de délaisser les interdits peut commencer. Cette gradation se voit quand on compare les versets makkî et madanî. Notre mère Âïcha (que Dieu soit Satisfait d'elle) a décrit cette gradation dans la révélation du Coran dans le texte rapporté par Bukhârî : « Les premiers versets à être révélés parlaient du Paradis et de l'Enfer. [Plus tard,] quand les gens embrassèrent l'islam, les versets concernant le halâl et le harâm furent révélés. Si les versets interdisant l'alcool et ceux interdisant la fornication avaient été révélés en premier, les gens auraient dit : « Nous ne cesserons jamais de boire ; nous ne cesserons jamais la fornication. » »
Aussi, tous ceux qui travaillent pour l'islam doivent prendre en considération cette gradation. Le calife Umar Ibn 'Abdul 'Azîz (que Dieu soit Satisfait de lui) réussit brillamment à ramener une gouvernance sur le modèle des califes bien guidés. Mais cela ne fut pas chose facile. Son propre fils, un musulman très pieux et enthousiaste, trouvant que son père était trop laxiste dans sa lutte contre les déviations et les transgressions, lui dit un jour : « Père ! Pourquoi ne pas imposer [rapidement les réformes] ? Par Dieu, je ne me soucie ni de toi ni de moi s'il s'agit de faire triompher la vérité ! » Umar Ibn 'Abdul 'Azîz (que Dieu soit Satisfait de lui) répondit : « Doucement mon fils ! Ne sois pas pressé ! Dieu a condamné l'alcool par deux fois dans le Glorieux Coran, mais ne l'a interdit que la 3ème fois. J'ai peur que si je force les gens à accepter la vérité, ils la rejettent complètement. Ce serait une cause de fitnah. »
2ème des sunan : les choses arrivent au moment opportun
Pour toute chose, il y a un instant, une saison, une période où elle atteint sa maturité. C'est un principe qui se vérifie tant dans le domaine matériel que spirituel. Il ne faut pas chercher à récolter les fruits avant qu'ils ne soient mûrs. Si les fruits mûrs sont délicieux, ceux que l'on cueille avant l'heure peuvent être dangereux.
Comme pour ces fruits où le moment de la récolte arrive bien longtemps après celui de la semence, les vrais effets des bonnes actions peuvent prendre plusieurs années avant de se manifester. Et plus les actions prennent du temps à mûrir, plus elles se révèlent grandioses au moment du mûrissement. Parfois, une génération travaille, mais les fruits de ses efforts n'apparaissent que sur la génération suivante, voire même sur celle qui suit cette suivante. Si tout est bien programmé, calculé, prévu, il ne faut pas considérer que le temps pris pour réaliser les objectifs soit trop long. Durant les premiers jours de l'islam à Makkah, les négateurs se moquaient du Prophète (paix sur lui) à chaque fois qu'il les avertissait contre la punition s'ils persistaient dans leur refus d'accepter le message de Dieu. Alors ils demandèrent qu'on leur hâte ce châtiment, sans comprendre eux aussi que les choses arrivent en temps voulu, sans que personne ne puisse les différer ni les hâter : « Et ils demandent de hâter [la venue] du châtiment. S'il n'y avait pas eu un terme fixé, le châtiment leur serait certes venu. Et assurément, il leur viendra soudain, sans qu'ils en aient conscience. » 29/53
Dieu dit encore : « Et ils te demandent de hâter [l'arrivée] du châtiment. Jamais Dieu ne manquera à Sa promesse. Cependant, un jour auprès de ton Seigneur, équivaut à mille ans de ce que vous comptez. » 22/47
Ainsi, au lieu de précipiter les événements, Dieu demande au Prophète (paix sur lui) de persévérer comme les hommes de fermeté chez les Prophètes d'avant, et de ne pas demander que l'on hâte la punition de Dieu : « Endure (Muhammad) donc, comme ont enduré les messager doués de fermeté; et ne te montre pas trop pressé de les voir subir [leur châtiment] » 46/35
Dieu rappelle au Prophète (paix sur lui) et à ceux qui le suivent l'imperturbable courage des premiers Envoyés face aux difficultés, leurs efforts étonnants et leur attente de la victoire : « Pensez-vous entrer au Paradis alors que vous n'avez pas encore subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant vous ? Misère et maladie les avaient touchés; et ils furent secoués jusqu'à ce que le Messager, et avec lui, ceux qui avaient cru, se fussent écriés : "Quand viendra le secours de Dieu ?" - Quoi ! Le secours de Dieu est sûrement proche » 2/214
Vraiment, la victoire de Dieu est proche, mais l'instant de cette victoire n'est connu que de Lui. Et Lui ne hâte pas les choses comme le font les créatures. Pour cette raison, le Prophète (paix sur lui) avait l'habitude de conseiller à ses compagnons de patienter et de ne pas espérer que la victoire arrive avant son heure. L'incident suivant illustre cela. Quand Khabbâb Ibn Alarat (que Dieu soit Satisfait de lui) vint se plaindre au Prophète (paix sur lui) des souffrances particulièrement dures qu'il subissait pour la cause de l'islam, pour que le Prophète (paix sur lui) demande à Dieu de l'aide, le Prophète (paix sur lui) se mit tellement en colère que son visage béni devint rouge ; il dit en cette occasion : « Un [croyant] d'avant vous était coupé avec des ciseaux de fer jusqu'à ce que ne subsiste sur ses os ni peau ni veines ; un autre était scié en deux. Mais ils n'abandonnaient pas leur religion. Par Dieu, Il fera dominer l'islam si bien qu'un voyageur ira de San'â (Yémen) à Hadhramawt (Oman) sans craindre quiconque si ce n'est Dieu et le loup pour sa brebis. Mais vous êtes impatients ! »
Retenons cette parole de Aboû Bakr (que Dieu soit Satisfait de lui) : « Il n'y a pas eu dans l'islam de victoire plus grande que celle de Houdaybiyah ! Mais ce jour-là, les hommes ne comprirent pas ce qui se passait entre Mouhammad (paix sur lui) et son Rabb. Parce que les hommes sont impatients alors que Dieu n'est pas impatient pour mener les choses là où il veut les mener. »
Et Aboû Bakr de parler de Souhayl Ibn Amr, celui qui signa avec le Prophète (paix sur lui) le traité de Houdaybiyah : il refusa par deux fois d'écrire ce que le Prophète (paix sur lui) proposait. Pourtant, dit Aboû Bakr, je le vis plus tard lors du pèlerinage du Prophète (paix sur lui), alors que Dieu avait placé l'islam dans son coeur, venir prendre les cheveux du Prophète (paix sur lui) et se les frotter sur lui.
Puisse Allah nous soutenir dans ce travail de daawa et nous accorder la persévérance. Amine !


